Cage d'escalier d'un bâtiment de la cité Emile-Dubois à Aubervilliers, 2020 - AMuLoP

  • Des institutions qui travaillent autour des questions du logement populaire, de l’immigration, du quotidien, des banlieues...

- Le Tenement Museum, fondé en 1988 à New York, propose des visites guidées d'appartements, dans lesquels plus de 7000 immigrant.e.s de vingt nationalités différentes vivaient entre 1863 et 1935. Le propos du projet étant de valoriser le rôle de l'immigration dans les évolutions de l'identité étasunienne.  

 

- Le Musée urbain Tony Garnier, créé en 1992 à Lyon, valorise le patrimoine de l’architecte Tony Garnier qui conçoit la première Habitation à Bon Marché de France, le Quartier des Etats-Unis, en 1917. Le musée comporte un appartement témoin, aménagé et meublé par les locataires de la Cité Tony Garnier, restituant la vie quotidienne de l’entre-deux-guerres.

 

- Le Musée d'Histoire urbaine et sociale de Suresnes est créé en 2010. Il retrace l’histoire de la ville, et notamment l’action d’Henri Sellier, maire et Ministre de la Santé publique dans l’entre-deux-guerres, en faveur des Habitations Bon Marché et des Cités-jardins. Le musée comporte un appartement-témoin, constitué en 2016. 

 

- Le Rize est fondé au début des années 2000 par la municipalité de Villeurbanne. C'est un lieu culturel original, dédié à la « mémoire ouvrière, multiethnique et fraternelle des villes du 20e siècle », qui puise son sens dans son ancrage à Villeurbanne, considérée comme territoire exemplaire de l’urbanisation de l’ère industrielle. Ouvert au public en 2008, le Rize a pour vocation de transmettre un récit commun de la ville, construit à plusieurs voix à partir des archives, des mémoires des habitant.e.s et des travaux des chercheur.e.s associé.e.s.

 

- Firminy (site Le Corbusier) est une ville au passé minier. À partir de 1957, 1070 logements sociaux voient le jour, agrémentés de services collectifs. Les voies de communication sont hiérarchisées, du chemin piétonnier aux différents axes routiers. Cet ensemble reçoit le Grand Prix d’Urbanisme en 1961. Le Corbusier travaille à partir de 1954 sur le "Centre de recréation du corps et de l’esprit" composé de trois bâtiments : Maison de la Culture, stade et église Saint-Pierre.

 

- La Maison de Banlieue et de l’Architecture est située à Athis-Mons. Elle est un "centre d’interprétation de l’environnement urbain, du patrimoine en banlieue et de l’architecture". La démarche de l'association consiste à faire connaître la banlieue essonnienne, en croisant les approches et les regards et en associant mémoire et projet. Il s’agit à la fois d’enrichir et de capitaliser les connaissances sur la banlieue et de fournir aux habitant.e.s comme au tout public, des outils de lecture et d’analyse de leur environnement humain, urbain et architectural en banlieue.

 

- La Maison radieuse de Rezé est la deuxième unité d’habitation conçue par Le Corbusier. Sortie de terre en 1955, elle suivait celle de Marseille et précédait celle de Berlin. S’inspirant du principe modulaire et du nombre d’or, Le Corbusier y développa son système constructif visant à établir des appartements à l’intérieur d’une ossature de poteaux et de poutres en béton armé. 

 

- La Cité radieuse est située à Marseille. C'est une résidence édifiée entre 1947 et 1952 par Le Corbusier. Bâtie sous forme de barre sur pilotis (en forme de piétements évasés à l'aspect brutaliste), elle tente de concrétiser une nouvelle forme de cité, un « village vertical » appelé « Unité d'habitation ». La résidence compte 337 appartements de 23 types différents séparés par des « rues intérieures » et un hôtel de 21 chambres.

 

- Bataville est le nom donné à un ensemble industriel situé en Moselle, construit à partir de 1931 pour le compte de Tomáš Baťa , fondateur de la marque de chaussures Bata, premier producteur mondial. La cité ouvrière comprenant ses commerces, son école, sa piscine, son stade, fut l'une des plus célèbres d'Europe, sa particularité étant qu'elle est l'une des rares cités isolées de toute agglomération.

 

- Le Grand Hornu est un ancien complexe minier installé à Hainaut, en Belgique, érigé entre 1810 et 1830 par Henri De Gorge qui constitue un véritable projet de ville au début de la Révolution industrielle. Il comprend les ateliers et bureaux du charbonnage, la cité ouvrière de 450 maisons, dotées chacune d'un jardin privatif, et la résidence des administrateurs. La cité ouvrière est également dotée d'une école, d'un hôpital, de places publiques, d'une bibliothèque, d'une salle de danse. Dès 1984, l’asbl provinciale Grand-Hornu Images s'y installe et poursuit depuis sa triple mission : patrimoniale, touristique et culturelle. Le lieu abrite désormais le CID - centre d'innovation et de design ainsi que le Musée des Arts Contemporains. 

 

- La Cité des électriciens est construite par la Compagnie des mines de Bruay-la-Buissière entre 1856 et 1861 pour loger les familles des mineurs. Il s’agit de la plus ancienne cité minière subsistant dans le Bassin minier du Pas-de-Calais. Elle témoigne de la progressive évolution de l’habitat ouvrier au XIXe siècle, et est un exemple de l’architecture des premiers corons. Désaffectée, elle accueille en 2008 diverses interventions d'artistes. Sa réhabilitation lui permet de devenir un lieu patrimonial et touristique ainsi que de conserver sa fonction initiale par la construction de logements sociaux.

 

- L'Ecomusée du Fier Monde est fondé en 1980 à Montréal. Il est à la fois un musée d’histoire industrielle et ouvrière de Montréal et un musée citoyen. Il développe une pratique muséale axée sur l’éducation populaire et met en place des projets participatifs, en étroite collaboration avec la population, les institutions et les organismes du quartier. 

 

- Le Familistère de Guise est construit en 1859 par l’industriel Jean-Baptiste André Godin en tant que cité ouvrière pour y loger, dans des conditions de vie décentes, les ouvrier.e.s de son usine toute proche. Ce « palais social » en briques, toujours habité aujourd’hui et qui comprend notamment une école et un théâtre, s’inspire du château de Versailles. Réhabilité depuis 2000, il comprend également un musée et de nouveaux logements.

 

- L'appartement témoin Perret est situé au Havre et a été conçu par l’atelier Perret à partir de 1946. Il permet de découvrir les aménagements proposés par l’atelier pour reloger les habitant.e.s au lendemain de la guerre. L’origine des Trente Glorieuses y est relatée à travers les objets du quotidien. Le travail de reconstitution à l’identique est le fruit d'une véritable enquête, les intérieurs reconstruits n’ayant pas fait jusqu’alors l’objet d’étude spécifique.

 

- L'Ecomusée du Val de Bièvre, situé à Fresnes s’intéresse à la façon de vivre des habitant.e.s de la banlieue d’hier à aujourd’hui. C’est avec elleux qu’il travaille à l’élaboration de ses actions (expositions, actions culturelles, ateliers...).

  • Des archives en ligne

Capture d'écran de la page d'accueil des archives en ligne de la ville d'Aubervilliers

  • Des expériences originales de médiation de l’histoire

Capture d'écran du site internet de "ça s'est passé ici"

L’association la Boîte à Histoire est un collectif de jeunes historien.ne.s qui œuvre au renforcement du lien entre l’histoire telle qu’elle est faite au sein de l’université et les publics en France. Née en 2017 de l’initiative d’étudiant·e·s issu·e·s du master en histoire publique de l’UPEC, cette association (loi 1901) s’est donnée comme mission de développer une offre culturelle qui se doublerait d’une dimension sociale et pédagogique. En impliquant les publics dans l’élaboration du savoir historique, tant d’un point de vue intellectuel que méthodologique, elle a pour ambition de permettre au plus grand nombre de s’approprier une histoire critique.

 

Ça s’est passé ici, par Cécile Cros, Laurence Bagot, Sarah Gensburger, Isabelle Backouche, sont des séries sonores immersives dans la ville qui racontent l'histoire à l'endroit où elle a eu lieu, en explorant un quartier, une rue, un bâtiment et en donnant la parole - grâce aux archives - à celleux qui l'ont vécue. Le projet permet de géolocaliser les archives avec l'idée qu'en les croisant, nous pouvons mieux comprendre l'histoire, faire des découvertes et reconstituer la vie quotidienne des lieux. 

 

- Le Madeleine Project, par Clara Beaudoux, est un projet-enquête qui fait le portrait de Madeleine, ancienne locataire de l'appartement où habite l'autrice : "Elle s’appelait Madeleine, elle aurait eu 100 ans en 2015. Je m’appelle Clara, j’ai 31 ans. Nous ne nous sommes jamais connues. C’est la femme qui a vécu dans mon appartement avant moi, pendant 20 ans. Elle est morte un an avant que je m’y installe, l’appartement avait été refait à neuf. Mais tout le monde avait semble-t-il oublié la cave. J’y ai découvert toute la vie de Madeleine, objets, photos, lettres. Je me suis plongée dedans."

 

- Les enfants du 209 rue Saint Maur est un documentaire de Ruth Zylberman. La réalisatrice a choisi au hasard un immeuble et pendant plusieurs années, elle a enquêté sur son histoire, avant, pendant, après la Seconde Guerre Mondiale. Elle a retrouvé les anciens locataires, à Paris, en banlieue, en province, à Melbourne, New York et Tel Aviv et retrace l’histoire de cet immeuble anonyme, saisit les traces d'une intimité brisée et renoue les fils d'un passé marqué par les déportations..

  • Des projets artistiques 

Installation vidéo performance Objekt-Projekt au Festival Sauvage du Clos Sauvage - les AllumeuR.E.S - Paul Kozlowski

- Le Musée des objets ordinaires par le Théâtre de cuisine fait appel à la participation des habitant.e.s pour créer un musée éphémère, dans lequel sont exposés des objets ordinaires, apportés par les habitant.e.s et étiquetés avant de rejoindre la collection. Les objets exposés proposent une cartographie poétique de la population d’un territoire, d’une ville, d’un quartier et en révèle sa diversité.

 

La Conserverie, un lieu d'archives, créée par Anne Delrez et située à Metz, est un lieu dédié à la photographie dite de famille.  "Celle, qui comme un vieux pull aimé et déformé par les années, a grandi avec nous. Cette image qui délie la langue des émotions. Celle qui, parce que populaire, porte en elle les attributs complexes de notre histoire collective."

 

Les AllumeuR.E.S travaillent en partie à Aubervilliers et proposent de produire des œuvres in situ qu‘ils réinterprètent au fil du temps et des projets. Transdisciplinaires et rhizomiques - à racines multiples - leurs œuvres évoluent au gré d’expérimentations, de collaborations, de glissements entre art et politique. 

 

 

- Le collectif les Cousines est créé en 2014 par Camille Amzallag, Lolita Bourdet et Charlotte Yonga à Montreuil. A travers leurs projets, elles s’intéressent aux complexités entre communautés et territoires. Leurs recherches trouvent des résonances avec les notions de flux et de délocalisation individuelle.

 

 

- Mathieu Pernot est un artiste dont l'œuvre s’inscrit dans la démarche de la photographie documentaire mais en détourne les protocoles afin d’explorer des formules alternatives et de construire un récit à plusieurs voix. L’artiste procède soit par la réalisation de séries – parfois en résonance entre elles à travers personnages, chronologies ou thèmes –, soit par la rencontre avec des images d’archives